La cité manifeste de Mulhouse
Maitrise d’oeuvre pour la construction de 61 logements sociaux
Avec :
Jean Nouvel
Anne Lacaton et jean-Philippe Vassal
Duncan Lewis et Benoit Fillon
Shigéru Ban & Jean de Gastines
Maitrise d’ouvrage
SOMCO
Le logement n’a pas évolué depuis des décennies, c’est un peu comme si vous rouliez en R16 en pensant que vous êtes à la pointe du progrès.
On ne peut que constater le fossé grandissant entre les voeux exprimés par les habitants et le « produit » qu’est devenu le logement normalisé. La réglementation très contraignante en matière de constructions, associée aux normes d’habitabilité et de surfaces du logement aidé, génère en effet une production quasi automatique.
Le logement social, soumis à un ensemble d’éléments économiques du nécessaire amortissement d’une opération s’est écarté de ses objectifs : le confort et la qualité de vie de ceux à qui ils sont destinés. Toutes les récentes études montrent que le hiatus s’est creusé entre l’offre et la demande. Les français jugent leur logement inadapté, souhaitent des espaces plus flexibles, réclament un séjour aménageable de différentes manières, une cuisine où l’on peut recevoir,, une grande salle de bain avec fenêtre, des chambres d’enfants plus grandes que celles des parents... Les règles et les pesanteurs qui régissent la production de l’habitat, ignorent l’évolution de la structure familiale et des modes de vie. Ils imposent une forme d’habitat où l’individualisme fait loi, où les transversalités permettant un lien social entre l’ensemble des habitants est nié.
Le résultat est la production de logements stéréotypés, archaïques et inadaptés.
L’opération de logements sociaux de Mulhouse prouve qu’il est possible avec le même coût de faire des logements en phase avec leur temps. Si l’on en juge par la forte demande et l’indéniable intérêt médiatique. Ce genre de réponse, pour peu qu’elle soit argumentée, trouve un bien meilleur écho dans la population que les productions courantes.
Extrait de l’humanité
« La Cité Manifeste est avant tout un manifeste économique », explique Antoinette, qui paie un loyer de 330 euros « chez » Matthieu Poitevin. « Si vous saviez comme je suis heureuse de pouvoir habiter une petite maison et d’avoir un jardin », souffle-t-elle. Comme la grande majorité des locataires, Antoinette vient d’un logement traditionnel. Elle a vécu 43 ans à la cité Bel-Air, une célèbre HLM de la région. Dans son nouvel intérieur, elle a modelé l’espace selon ses envies - une oeuvre « pré-détournable », selon les mots de l’architecte marseillais. La veine architecturale dans laquelle a été imaginée sa petite maison joue la carte du minimalisme : escalier en ferraille, poutres apparentes, sol en béton brut, toilettes rouges... « Je me sens vraiment en sécurité ici. Ça ne veut pas dire que je vis dans une cage », lance-t-elle, citant un article de Libération paru il y a quelques semaines....
Libération

AFP
Les concepteurs du projet espèrent désormais que cette cité HLM peu commune fera des émules. Un souhait partagé par le ministre du Logement Jean-Louis Borloo, venu inaugurer lundi la cité. "Je parie que ce projet va marquer un virage dans la conception des logements", a-t-il indiqué...
Reuters, lundi 20 juin 2005
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