LE CIEL A SES PIEDS.
Les ailes de l’individu / Opération de logements individuels
Quand on rentre chez soi on rentre dans son monde, ce monde est le monde tout entier, il est l’univers à lui tout seul. Chaque studio est un univers, particulier et remarquable. Voilà l’histoire de ce bâtiment. Il s’inspire du coffre à jouets. Il raconte des histoires d’ailleurs, de loin, de différences, de voyages, de rêves. C’est une caisse mystérieuse, comme chacun de ses habitants, chacun de ces mondes qu’elle abrite.
Cette construction semble émerger d’une dune d’agrégats sombres. C’est un sol en volume souple qui abrite un grand parc à vélo et prolonge le patio central.
Le patio est le coeur du mystère, il met le ciel à nos pieds et l’imaginaire de chacun peut s’envoler : C’est un jardin immatériel, qui reflète la lumière du ciel et la diffracte sur les façades. C’est un kaléidoscope de verre, de métal, de miroir et d’eau qui raconte de manière intime comment vont les astres. C’est un paysage changeant, vivant, lumineux et spectaculaire, un lieu précieux et surprenant que l’on découvre comme un trésor dans une malle : c’est aussi un lieu unique, un objet de fierté, parce qu’il est important d’être fier de chez soi.
Chaque case fonctionne comme un paysage immobile, ça donne des envies de voyage, elles sont des cartes postales pleines de nos désirs, de nos souvenirs, de nos émotions. Quand on parcourt les espaces collectifs en terrasse, on entre dans des boîtes remplies d’images, de rêves, de souvenirs et d’imaginaire. Des micro paradis pour se détendre, se rencontrer, danser, lire, manger, s’aimer, inventer, parler, s’engueuler, se retrouver… Des jardins protégés qui rappellent, si besoin est ; que le monde est unique et fantastique. Finalement toutes ces boîtes ensemble c’est un parc, un concentré d’images et de sensations de nature : on peut s’allonger sur le sable blanc d’une plage, s’asseoir sur des rochers, regarder des montagnes, se perdre dans la forêt. C’est facile de se perdre dans une image. Bien sur c’est une nature "pour de faux", ces images sont des chromos joyeusement colorés, mais c’est quand même drôle d’habiter rue de Bercy et de marcher sur un tronc d’arbre, se faire mal au pied sur des galets ou s’allonger sur une peau de zèbre, et les rêves on les fait pour de vrai ! C’est bien d’être heureux de rentrer.
Et puis il y a le dessus de la caisse, un grande terrasse à l’air libre, en pleine lumière. Et le bois des structures reprend vie quand il arrive là haut, les poteaux deviennent vivants, végétaux. Ils nous font une surprise, ce sont des poteaux qui poussent ! La structure peut perdre son sérieux en perdant son utilité, alors elle devient le jardin, un jardin dans le ciel, un vrai jardin parisien, parce que Paris est une ville où on aime se promener sur les toits. C’est une invitation à la flânerie et à la détente, à ne rien faire, « fare niente ». Qu’est ce que c’est agréable de se dire qu’on pourrait faire des trucs utiles où efficaces, comme du sport, et de ne pas le faire, c’est un luxe total de se payer le luxe de ne rien faire. Alors comme un clin d’oeil, les dessins du sols sont faits à partir de tracés de terrains de sports extrudés, qui composent un tapis de couleurs vives, qui se regarde comme un tableau depuis les étages. Un tapis confortable où chacun trouvera la place qu’il lui sied.
La Fourragère











