TABLE DE JEUX.
Définir un espace Qualifier un environnement
La parcelle, dite « place carrée » est en bout d’un ensemble immobilier que l’on appellera « le mail ». La physionomie du site nous permet de penser que cette place peut devenir une véritable articulation urbaine. Cette place deviendra alors le point d’exclamation en plan. Mais, cette place est actuellement coupée de la ville par un ruban de macadam et un flux de voitures : elle restera dans une position d’insularité. Il faudra alors l’ancrer à la ville. Les passerelles et les passages deviendront des filins d’arrimages.
L’un des moyens pour y parvenir est de réfléchir à l’aspect monumental du complexe. Le monument à d’abord pour vocation d’être un point de repère et de fonctionner comme un aimant urbain. Le site peut et doit supporter l’édification d’un projet emblématique susceptible de rayonner sur l’ensemble du quartier, voire même de le fédérer. Le cœur de l’îlot devient un parc, ou plutôt un jardin. Le choix du mot est important : un parc est un équipement programmatique, un jardin est un lieu, sensuel et charnel, où chacun peut trouver son paradis. L’étymologie du mot jardin, c’est le « pardes » du paradis persan. Nous voulons faire un paradis !
Nous avons choisi des plans libres sur des bases de cercles, sur lesquelles les ombres apparaîtront et disparaîtront en dégradé, où les vues seront plus suggérées qu’imposées (à part l’axe central), où les paysages s’enrouleront pour attiser la curiosité sur l’activité centrale. Comme le jardin, c’est un lieu sensuel, presque charnel, et en tout cas vivant.
Même le sol subit une ondulation, comme un tapis que l’on secoue, pour recouvrir l’ensemble des programmes du centre commercial directement accessible à tout moment. Cette résille de béton définie une matrice paysagère qui, au fil du temps, sera envahie par la végétation. L’axe central est une rue en bois qui flotte par endroit dans la canopée et se diffuse parfois jusqu’au sol. Le végétal se confond au minéral pour parvenir à créer un lieu emblématique et vivant.
Fonctionnement
L’espace central est laissé libre en pleine terre pour que le parc puisse trouver la place pour son épanouissement sans que ce se soit au détriment de la rationalité.
Le rapport au sol du projet privilégie de suivre le terrain naturel et de se servir de sa configuration actuelle, soit une différence de 2 m entre niveau haut et bas de la place, perpendiculairement au mail piéton. Le dénivelé est doux et les distances donnent des pentes à moins de 1%. Nous sommes en continuité vers le rez de chaussée (les entrées ou la dune) en tout point de la place. Le parcours du parking souterrain utilise ce dénivelé comme une rampe, une pente naturelle pour accéder au niveau inférieur. Nous avons deux niveaux de parkings (172 places par niveaux). De plus, il y a 50 places en surface, soit 414 places auxquelles il faut ajouter 25 places de stationnement pour les livraisons/réserves. Ce procédé nous permet une grande facilité de mise en œuvre pour les systèmes d’accès et de sorties.
Nous nous servons de la topographie non naturelle mais existante du cratère de la place pour mettre en œuvre un niveau rez de jardin pour les magasins. La voie carrossable périphérique n’est pas de nature à favoriser l’accès immédiat aux commerces. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de les placer en rez de jardin, déconnectés du brouhaha de la ville pour se concentrer dans ce havre de paix et de nature. Un lieu de flâneries, de déambulation parfait pour se faire attraper par les reflets des vitrines. C’est un jardin secret, préservé, l’oasis d’un patio géant où l’on se promène, où l’on se détend et l’on se protège du soleil lorsqu’il est trop chaud. Tout autour du jardin, sous la résille de béton, on trouve une galerie, sorte d’arcade contemporaine de 5 à 6 mètres de haut longeant les vitrines des magasins. Cette hauteur permettrait éventuellement de disposer des mezzanines ou de mieux de profiter de la hauteur de ces circulations pour un meilleur éclairage naturel. L’accès des commerces, de l’hôtel et des bureaux se fait depuis le rez de jardin, le rez de chaussée et le parking.
L’ensemble de la construction est traditionnelle, en béton banché. La hauteur de dalle à dalle entre bureaux et de 3.60 m et de 3.10 m pour l’hôtel. Les percements des façades sont un moucharabieh moderne dont la densité et la taille varient en fonction de l’orientation des constructions. Elles agissent ainsi comme brise soleil et favorisent la ventilation naturelle des édifices, tout en préservant de larges vues sur un paysage panoramique. De manière globale ce projet se sert des contraintes contextuelles actuelles pour les transcender et offrir un lieu multimodal ambitieux et généreux.
360° à l’infini
Fleur des villes













