Plombage.
Le transfo est le « I » de l’alphabet de la rue. Comme toujours dans cette architecture parisienne haussmannienne, chacun des bâtiments est parfaitement calibré, le toit en zinc se retourne comme il faut, les chiens assis sont bien dressés et obéissent au doigt et à l’œil, tout est en place ou à peu près si ce n’est ce bâtiment étrange au style improbable. On s’attend à en voir sortir au triple galop un chevalier sous son heaume, un savant un peu fou sous sa cape pourpre, une jeune femme derrière son loup se faufilant subrepticement dans son carrosse pour se rendre à un mystérieux rendez-vous. Tout ici ressemble à un théâtre d’ombres et de contes. Au lieu de ça, il dissimule un transfo et des ondes électriques, c’est moins romantique ! Peu importe, l’imaginaire est ici bien plus intéressant que la vérité. Lorsqu’on a une dent creuse comme ici, on lui colle un plombage, mais la vie n’est pas toujours aussi triste qu’un rendez-vous chez le dentiste. Cette construction est plus courte, moins haute et ne ressemble ni à son voisin de gauche ni à celui de droite. Elle est singulière. C’est sa chance, il faut flatter sa singularité ! Elle est donc le « I » de la rue auquel il manque le point ou, si on a la tête en l’air, ce qui est bien la moindre des choses pour un architecte, le point de l’exclamation. Dans le strict respect de notre PLU chéri, nous allons inventer une luciole urbaine, enchanteresse et magnifique, elle se chargera d’émotions et d’imaginations.
La fleur en haut de page et une fleur trouvée sur le toit du bâtiment existant. Renseignement pris, il pourrait s’agir d’une espèce originaire de l’Oural. Comment est-elle arrivée là ? Sans doute s’agit-il d’une graine tombée des ailes d’ un oiseau migrateur qui a trouvé sur cette terrasse un moment de répit… Tout à coup cette fleur quelconque prend une valeur particulière, celle du voyage et des histoires. Cette végétation citadine poussait dans les interstices, les failles, les endroits inaccessibles des villes. C’était leurs refuges Aujourd’hui les fleurs des villes disparaissent, remplacées par des pictogrammes. Ces refuges sont les lieux d’expressions pour les tags et les graffs. Le plupart du temps il s’agit de traces épouvantables, mais parfois elles renferment les germes du talent. C’est en quelque sorte les nouvelles plantes des villes. Le projet sera une manière de leur rendre hommage, une fresque de fleurs bâties.
Bien des choses inutiles pour un poste de commandement de ligne de métro. Certes, « il n’y a d’indispensable que les choses inutiles »
Pavillon élémentaire








