ECOLE D'ARCHITECTURE DE CLERMONT-FERRAND

Fiche technique

Ecole d’architecture de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand
(surface : 12 500 m²)

avec le concours de
Christine Dalnoky
DVVD

William Martin (HQE)

avec la collaboration de
Marc Kauffmann
Anne-Laure Monroche
Clotilde Berrou
Thomas Brétignière
Philippe Paoli
Kristyna Couffin Mudrikova

BERNARD L’HERMITE.


Chacun, en fonction de sa formation, de ses intérêts, du moment ou encore de sa personnalité portera un regard et un jugement sur ce bâtiment remarquable.
L’architecte devra se demander pourquoi il l’est, et regarder cette lame telle qu’elle est.
Les physalis sont des plantes de lumière, comme des plantes de feu, quelque chose qui évoque l’énergie.
Un bien nécessaire dans ce lieu statique et inerte qui évoque si bien les volcans éteints.
Cette barre sent à plein nez la charte d’Athènes laborieusement illustrée, comme un cours académique d’architecture moderne. Des fantômes trainent encore leurs boulets de pleurs et de douleurs dans des galeries infinies.
La réutilisation d’un bâtiment inscrit au patrimoine qui plus est pour faire une école d’architecture oblige et nous oblige ici à mesurer les précautions théoriques qui doivent soutenir le passage du savoir analytique et du constat à un savoir actif qui juge et choisit.
L’architecte ne peut pas faire mine de rien.

Il n’est pas concevable de demander à des architectes ou à des étudiants de n’être au mieux que des antiquaires, ou plus sûrement des taxidermistes dont l’unique ambition sera de pasticher des postures du vivant, où le sang et la chair sont remplacés par de la paille et de la glue. A défaut, on peut toujours faire un texte sur la pathologie pulmonaire ou sur les volcans éteints.
Plutôt faire un espace en devenir, une cathédrale de plaisir et d’enchantement.
Un nouvel espace bien que préexistant, à investir pour de nouveaux usages qui accueille le noyau, le cœur de l’école, un gros cœur qui bat et qui rayonne, un espace de lumière, un champ de liberté.

Les trois mille cadres de fenêtres sont conservées pour devenir un tableau de lumière. On garde la charte d’Athènes et on supprime l’hosto. Une « métanamorphose ».
Pour ne pas comprimer le projet, Il y a les plaques dans le paysage qui jouent dans la montagne.
Elles forment un horizon qui met le paysage en perspective, offrent de la profondeur de champ et font appartenir le ciel et la terre au bâtiment. Sabourin devient un lieu qui contient et reflète et plus un lieu inerte : un monde vivant. En fait, ca n’est pas un horizon, c’est un miroir d’horizon pour capturer les nuages et les étoiles.
Seul le rapport au sol est changé, on offre une symétrie horizontale et le reflet se prolonge à l’envie.
A partir d’un nombre fini d’éléments on produit un nombre infini d’images. C’est la définition d’un kaléidoscope !
Des miroirs brisés fabriquent un nouveau monde et le réfléchissent à l’infini. Ils réconcilient la permanence et le changement. La barre devient la lumière, le curseur dynamique de l’ensemble. Une masse d’énergie pure.
C’est le même projet, on est fidèle à la genèse du bâtiment existant conçu pour prendre le soleil sauf, que c’est pour des gens debout et qui bougent maintenant.
Ce bâtiment redevient positif et optimiste ! Du projet initial, nous gardons son inscription dans le paysage et le soleil.

L’usage ça a à voir avec l’architecture, on remet le projet dans l’époque c’est encore une histoire de temps, une maison de retraite n’est pas une école d’architecture.
On ne pas réduire le projet à l’objet fini mais montrer que c’est un outil de réflexion.
Nous voilà dans le vrai sujet de l’école : La leçon du travail sur le milieu vivant c’est qu’on ne fait pas des œuvres inertes, nous agissons à un moment sur des processus qui ont une autre échelle de temps.
Un bâtiment vivant ça n’est pas un bâtiment avec des plantes qui poussent.
C’est quelque chose qui évolue et se transforme comme une forêt, ça n’est jamais fini une forêt.
L’architecte n’est pas un producteur d’inertie mais d’énergie. Arrêtons de considérer le construit comme un truc inerte et intangible. Restaurer n’est pas reconstituer, mais créer du vivant que les autres continuent.
Nous ne sommes pas là pour faire des fossiles pour plus tard mais des possibles pour maintenant !

Nous ne trahissons ni l’architecte ni le fonctionnalisme. Nous y mettons la vie, une manière de dire que le patrimoine peut être est quelque chose de vivant.
La vie c’est ce qu’il y a de plus respectable, un bâtiment c’est vivant !