HABITER LE RELIEF

Fiche technique

40 logements sociaux, 47-49, Bd Kellermann, PARIS XIIIème
(surface : 3 000 m²)

avec le concours de

Sechaud et Bossuyt
William Martin (HQE)

avec la collaboration de
Marc Kauffmann
Clotilde Berrou
Thomas Brétignière
Philippe Paoli

MAILLE D’AIR.


La poterne des peupliers, était ce que l’on appelait avant « la zone » parce que les « pauvres » avaient été chassés derrière les fortifications abandonnées, pour satisfaire à la nouvelle spéculation immobilière.
C’est un joli pied de nez à l’histoire qu’un certain renouveau du logement social de Paris viennedes anciennes limites laissées pour compte de la ville. Il serait triste de se contenter d’un projet stéréotypé même si, c’est vrai peu de gens se préoccupent aujourd’hui de savoir ce que veut dire « zonard », c’est mieux de le savoir.
Play it again
Qu’est-ce une belle maison ?
Des lieux de vie et pas seulement des lieux pour habiter, des histoires pour être, plus que pour paraître. C’est l’endroit où on va mettre sa vie pendant un temps. Sa maison c’est là où on mange, on crée, on élève, là où on se vautre où on réfugie, là où on imagine, où on rêve. Bref là où on est soi !
Un bel appartement ou une belle maison c’est celle qui vous rend fier d’y habiter et vous rend vivant !
C’est pour ça que les gens préfèrent souvent les vieilles maisons, parce qu’elles sont uniques, ce qui les rend extraordinaires, c’est qu’il y a des endroits improbables qui ne servent à rien, a priori. Les temps et les mutations les ont rendues uniques et vivant.
La vie c’est l’art de l’inutile devenant fondamental. C’est permettre les accidents, les vecteurs de vivants.
On réglera cette fois le problème de la géométrie des appartements pour les rendre plus rationnels, on conservera leur principe de construction conforme à la bienséance de tout projet tenant compte du développement durable et des économies thermiques pour s’attarder à leur supplément d’âme, leur valeur ajoutée, les espaces extérieurs privatisables. Tous les espaces résiduels seront transformés en terrasses, balcons ou loggias. C’est eux qui donneront l’identité du lieu. Comment vivre sans identité ?
On pensera le projet en relief, pas comme un gros volume mais comme une géographie, une maille structurelle et charnelle inspirée de certains ouvrages d’arts Elle estompera les limites et accompagnera le regard du dedans vers le dehors et vice versa.
Ainsi ce bâtiment trouvera son appartenance physique au lieu, il sera là, et nulle part ailleurs.
Cette membrane sera vivante, colonisée et colorée par la végétation, elle changera d’aspect au fil des saisons et proposera un jeu infini d’usages, d’ombres et de lumière pour finalement façonner un immeuble qui vacille entre minéral et végétal, nature et architecture. Une architecture du territoire et du lieu.
Une façon d’habiter un paysage.