RIVIERE DE DIAMANTS

Fiche technique

Restructuration et extension partielle du lycée Pierre Mendes France à Vitrolles
(surface : 8 500m²)

avec le concours de

ALAYRAC Economistes
DVVD
Garcia ingénierie

avec la collaboration de
Clotilde Berrou
Jonathan Cacchia
Anne-Laure Monroche
Thomas Brétignière
Marc Kauffmann

FAUBOURG


Constat intuitif : la marge est créative et libre quand le centre conserve et contraint.
Exercice appliqué à la ville : Au centre ville on conserve le patrimoine, quitte à donner à certaines bicoques le lustre qu’elles n’ont jamais eu. A la marge on s’en fout, alors on construit.

Il y a des endroits comme ça qui semblent “bénis des Dieux”, des endroits qui donnent envie, Vitrolles en fait partie. Parce que personne n’a appelé ça de la ville on laisse se répandre les catastrophes architecturales, urbaines, politiques, sociales et écologiques pour la seule raison du profit commercial. A l’évidence l’avenir de nos métropoles passe par la marge. Il est urgent de tenter de donner du sens, une identité à ces quartiers. Ressentir et faire émerger leurs forces. C’est d’elles que naîtra la forme et pas de la forme que naîtra la force.
Le statut de lycée doit avoir valeur de modèle, il dit ce que le pouvoir public veut être et représenter. Un lycée c’est un petit monde qui se vit et se raconte. La Rénovation du lycée Pierre Mendes France n’est pas une simple mise aux normes techniques, thermiques et fonctionnelles, elle ne peut pas l’être, pas pour lui, pas ici ! Pourtant les problèmes sont flagrants : les circulations ressemblent aux méandres d’un cerveau fatigué, on redoute le traquenard à chaque changement de direction, se rendre à un endroit relève du jeu de pistes, il y fait trop froid ou trop chaud. Au fil du temps la juxtaposition de différents éléments construits les uns sur ou à côté des autres n’a fait qu’ajouter à la confusion.

Aujourd’hui il nous est demandé d’agir avec délicatesse pour offrir un peu de confort ici où là. Et ailleurs on en fait quoi, on continue de se cacher derrière son petit doigt ? C’est le principe de l’épingle dans la botte de foin ou les probabilités de gagner au loto, les chances de trouver sont infimes, par conséquent l’impact littéral de telles modifications risque de ne pas avoir l’effet escompté.
Si l’on veut redonner de la qualité à ce bâtiment, du sens et de l’intérêt il faut lui faire une beauté. Attirer l’attention ailleurs non pas pour éviter les problèmes mais pour les contourner, les prendre par surprise pour les annihiler. Un grand rectangle, sorte de ponton géant, vient permettre à chacun des éléments constitutifs du lycée de venir s’amarrer. Il fédère et organise de manière limpide et claire toutes les fonctions et les espaces de l’ensemble. Il ne passe pas inaperçu, il se montre se revendique et affirme sa présence. Il attire à lui l’attention irrépressiblement. C’est un phare en plein jour, une boite lumière au sein de laquelle tout semble étinceler.
Sol mur plafond, arbres ciel forment une topographie monochrome qui reflétera et renverra plus fort et plus intensément toutes les couleurs du monde. Ce rectangle peut devenir une palette à paysages, un philtre de sensualité.

Ici à Vitrolles coulera pour une fois et pour toujours une rivière de diamants. Pierre Mendes France pourra reposer en paix et le lycée qui porte son nom être fier de ce qu’il est.

Les marges sont les lieux de toutes les couleurs et de tous les possibles, elles doivent être connues et enviées pour leur capacité à être et à donner plus que pour le bleu d’Ikea ou le jaune de Castorama.